Retour

Suivant

 

" Au commencement était la Parole "

(Jean 1 :1, trad. Louis Segond)

 

" Au commencement était la Parole " unique, la Parole qui tout contient, la Parole qui tout révèle, la Parole qui vient de Dieu et nous donne la Conscience, et par-là même la Connaissance de Dieu.

" Au commencement ",

" Invoquez Dieu ou invoquez le Miséricordieux, de quel nom que vous l’invoquiez, les plus beaux noms lui appartiennent. " (Coran 17 :110)

" Il n’y a qu’un Dieu, mais Ses noms sont innombrables, et innombrables aussi les aspects sous lesquels Il peut être considéré. " (Shrî Râmakrishna 675)

A ce sujet,

" Voici une recommandation importante que je vous fais. Quand vous lisez un livre, que vous entendez un sermon, ou que vous pensez aux mystères de notre sainte foi, ne vous fatiguez point, n'épuisez point votre esprit à subtiliser beaucoup sur ce que vous ne pouvez bonnement comprendre. Il est tant de choses au-dessus de la portée des femmes, et même de celle des hommes !

Lorsque le Seigneur veut en donner l'intelligence, il le fait sans effort de notre part.

Pour nous, recevons en toute simplicité ce que le Seigneur nous donne ; et ce qu'il nous refuse, ne nous fatiguons pas à le chercher. Réjouissons-nous plutôt en songeant que nous avons un Dieu et un Maître si grand, qu'une seule de ses paroles renferme certainement mille mystères, dont nous n'entendons pas le premier mot. S'il s'agissait d'un texte latin, hébreu ou grec, il n'y aurait rien d'étonnant, mais il en est de même pour le texte castillan. Pour ne parler que des psaumes du glorieux roi David, que de choses qui, traduites en notre langue, restent pour nous aussi obscures qu'en latin ! Ainsi, évitez avec soin de vous lasser, de vous épuiser l'esprit à vouloir pénétrer ces choses. Avec cela Dieu leur fera miséricorde. " (Sainte Thérèse d’Avila N)

Là encore, " le Seigneur Dieu " S’exprime parfaitement, et cette recommandation vaut son pesant d’or. Au lieu de se contenter de la vision d’un monde qui éblouit, au lieu de se dire par exemple : " J’ai compris, l’Apocalypse est synonyme de catastrophes ",

" Réjouissons-nous plutôt en songeant que nous avons un Dieu et un Maître si grand, qu'une seule de ses paroles renferme certainement mille mystères, dont nous n'entendons pas le premier mot. "

De cette réjouissance naît la compréhension véritable, celle qui peut changer la vision et par-là même la vie d'un homme. Cette recommandation est la base même de la considération à partir de laquelle l'effort vain fait place à la joie de connaître et d'aimer. Ceux qui prennent Son parti se réjouissent d’avoir " un Dieu et un Maître si grand qu'une seule de ses paroles renferme certainement mille mystères " et, par ce simple fait, se voient libérés d'une vision des choses qui n'est ni vraie ni heureuse. Si nous voulons vivre de Dieu, jouir d’une Intelligence que rien ne peut limiter, il est nécessaire d’apprendre à considérer " ses paroles " avec intelligence.

Parce qu’il y a assurément " mille mystères " sous chaque mot, sous chacune de " ses paroles ", cette étude n’a pas la prétention d’expliquer chaque mot, mais plutôt de donner des clefs à ceux qui souhaiteront connaître Dieu en approfondissant Sa " Parole ". Après la lecture de cette étude, il restera encore tout à découvrir, tout à connaître et tout à aimer.

Celui qui espère réaliser Sa " Parole ", celui qui espère connaître Dieu, doit s’efforcer, autant qu’il se peut, de ne pas La mépriser en en donnant une interprétation ou une explication qui ne relève pas de la Considération, du Respect et de l’Amour de la seule Réalité.

Le langage courant est aussi celui de la progression lente et indispensable à toute réalisation. Dans cette progression, il ne s’agit pas de censurer la Parole de Dieu, pour Lui faire dire n’importe quoi, mais plutôt de se limiter ou de se concentrer à ce qu’Il nous donne à comprendre, d’autant plus que trop de lumières, trop de paroles, trop de connaissances conduisent à ne plus rien distinguer du tout.

" Au commencement ", celui qui ouvre les Écritures peut déjà apprendre à les aimer, à rechercher en elles Ce qui " est Un " et Ce qui " est Un " est heureux, libérateur, réconfortant, utile et bienfaisant.

" Au commencement ", il est aussi des paroles qu’il ne nous est pas donné de comprendre. Celui qui s’efforce de connaître Dieu doit aussi accepter de laisser de côté ou dans un petit coin de sa tête, ce qu’il ne lui est pas donné de comprendre car si " la Parole " devient pour lui une pierre d’achoppement, il n’ira pas très loin.

Si celui qui a soif de connaître Dieu, ne craint pas de souffrir de ne pas comprendre, ne craint pas d’éprouver son ignorance, il se verra instruit en Son heure. Tel est le Chemin universel de la Connaissance. Par contre, ceux qui savent tout alors qu’ils n’ont aucune considération, alors qu’ils n’ont fait aucune étude sérieuse, ne réalisent jamais Sa " Parole ", n’entrent jamais dans la Connaissance, bien au contraire, ils restent enfermés durant toute leur vie, dans ce qu’ils croient comprendre et qui ne leur est d’aucun profit, d’aucun secours, d’aucune utilité.

L’humilité est à la fois une qualité et une arme indispensables qu’il nous appartient de saisir. Pour cela souvenons-nous toujours qu’Un Seul sait tout : Dieu. Puisse-t-Il nous instruire en nous délivrant de tout ce que nous croyons savoir et être. Même si Dieu est la seule Réalité, il n’est pas dans notre intérêt de nous prendre pour Dieu. Il nous appartient seulement d’apprendre à connaître et à aimer Celui qui nous donnera la jouissance de Sa Réalité et qui ne saurait être séparé de ce que nous sommes.