"Heureux celui qui lit et ceux qui entendent les paroles de cette prophétie" (Apocalypse 1:3)

    " ... tout ce que les Prophètes apportèrent de sciences est revêtu de formes accessibles aux plus communes capacités intellectuelles, afin que celui qui ne va pas au fond des choses s'arrête à ce vêtement et le prenne pour ce qu'il y a de plus beau, tandis que l'homme de compréhension subtile, le plongeur qui pêche les perles de la sagesse, sait indiquer pour quelle raison telle Vérité divine se revêtit de telle forme terrestre ; il évalue le vêtement et l'étoffe dont il est fait et reconnaît par lui tout ce qu'il recouvre, atteignant ainsi une science qui reste inaccessible à ceux qui n'ont pas la connaissance de cet ordre." (Le langage prophétique, Ibn ul-'Arabî - Anthologie du soufisme P138)
 

Quand on considère le langage prophétique, on peut s’arrêter à l'apparence mais à condition qu'on "le prenne pour ce qu'il y a de plus beau". Ceci est facile et à la portée de tous et ne nécessite aucune étude particulière. Mais où sont ceux qui considèrent ainsi la Parole divine ?

Ceux qui se complaisent dans le mépris (au sens de se méprendre) s'en emparent pour en faire n'importe quoi, pour lui faire dire n'importe quoi. Comme l'a remarqué sainte Thérèse d'Avila, il est de la nature de certains éléments que l'on pourra observer en soi, de changer en poison tout ce qu'ils mangent et avec ce poison, ils vont empoisonner la vie des autres dès qu'ils en ont la possibilité. L'histoire de l'humanité, des familles et des religions est là pour en témoigner. Il est des recommandations qui nous préservent de bien des actions mauvaises. Heureux ceux qui sauront s'en abstenir car

    " Tout homme, en effet, qui commet le mal déteste la lumière et ne vient pas vers la lumière, de peur que ses œuvres
ne soient réprouvées."
(Ev. selon Jean 3:20)
 

Et celui qui "ne vient pas vers la lumière" n'a aucune conscience de faire "le mal" car sans la "lumière" qui éclaire, on ne peut voir et par là même prendre connaissance, conscience de Ce qu'il en est en réalité.

Mieux encore, celui qui fait "le mal" se croit dans "la lumière", se croit dans la vérité, s'imagine qu'il agit bien mais en réalité il déteste la lumière qui l'éclaire, "la lumière" qui reprouve ses actes, et c'est pourquoi il ne peut l'accepter. Et ce n'est pas sans raison si les enseignements valables sont rejetés avec force ou transformés en poison. Il y a bien une Puissance du "mal", une Force d'Ignorance qui pousse l'homme à commettre "le mal" et qui mérite d'être observée, ne serait-ce que pour ne pas en être victime.

"Tout homme, en effet, qui commet le mal" par rapport à qui ? Cette histoire issue de l'anthologie du soufisme, illustre en quoi consiste commettre le mal.

   

Abû'l Qâsim al-Junayd : Le meilleur disciple

" Le sheikh Junayd avait un disciple qu'il préférait à tous les autres, ce qui incita la jalousie des autres disciples ; le sheikh -- connaissant les cœurs -- s'en rendit compte.
« Il vous est supérieur en courtoisie et en intelligence, leur dit-il. Livrons-nous donc à une expérience, afin que vous aussi le compreniez. » Junayd ordonna alors qu'on lui apporte vingt oiseaux, et dit à ses disciples : « Que chacun de vous prenne un oiseau, qu'il l'emporte dans un endroit où personne ne le voie, qu'il le tue, puis qu'il le rapporte. » Tous les disciples s'en allèrent, tuèrent les oiseaux et les rapportèrent -- tous, sauf ce disciple favori ; lui rapporta son oiseau vivant. « Pourquoi ne l'as-tu pas tué ? » demanda Junayd. « Parce que le maître a dit que ce devait être fait dans un lieu où personne ne pouvait vous voir, répondit le disciple. Or, partout où je suis allé, Dieu voyait. » « Voyez-vous le degré de sa compréhension ? s'écria Junayd. Comparez-le avec celui des autres. » Les disciples demandèrent pardon à Dieu
." ('Attar P211)

 

Celui qui agit "bien" est celui qui s'abstient de faire "le mal". Il n'est finalement pas d'autre "mal", d'autre source du "mal" que celle qui consiste à agir comme si Dieu n'existait pas ou comme s'Il était aveugle, comme si "la lumière" de son regard ne pouvait pas éclairer "le mal" et c'est pourquoi, l'ayant compris, "ils demandèrent pardon à Dieu" pour l'avoir négligé.

Celui qui fait "le mal" agit comme si "le mal", comme si ce "mal" n'existait pas. Les Écritures sont des livres de Connaissance de Soi et, comme on pourra le voir dans la seconde Sourate du Coran, il n'est pas donné à tous les hommes, à tous les éléments qui constituent notre intelligence de voir "le mal" mais seulement à ceux qui remplissent les conditions (versets 1 à 4) qui leur permettront d'être éclairés. Il y a des conditions à remplir. Si quelqu'un est enfermé dans sa maison et désire prendre un bain de soleil, il devra impérativement en sortir. Spirituellement, c'est la même chose. Donc ce sont ceux qui remplissent les conditions sine-qua-non et seulement "eux" qui seront dans la confidence et qui auront la Connaissance, la Connaissance du "mal" (versets 5 et suivants).

Quand aux autres éléments, ceux qui ne se dirigent pas vers "la lumière", non seulement ils ne voient pas "le mal" car

   

"Dieu a apposé un sceau sur leurs cœurs et sur leurs oreilles." (Coran 2:6)

 

mais de plus ils trompent ceux qui placent en eux leur confiance parce qu'ils ne s'arrêtent qu'aux choses apparentes.

    " Il est des hommes... [qui] cherchent à tromper Dieu et ceux qui croient... " (Coran 2:7-8)
 

Comme si cela était possible ! L'élément indo-européen "man" désigne à la fois l'homme et le mental. Et quand les Écritures parlent "des hommes", ce sont avant tout des éléments du mental de l'homme dont il est question, des éléments qui apparaissent dans le champ de notre vision, dans notre conscience. Car les Écritures sont des Livres de Connaissance, de connaissance de Soi. A ne jamais, jamais perdre de vue.

Il y a bien "des hommes", des éléments en nous, des éléments de notre intelligence mentale, de notre mental qui ne peuvent percevoir "le mal" là où il est mais qui le voient volontiers là où il n'est pas et lorsque nous les favorisons, lorsque nous leur donnons le pouvoir de nous éclairer, lorsque nous appuyons notre vie sur eux, comme c'est généralement le cas, comme le font tous ceux qui ne réfléchissent pas (la lumière, la Véritable, Celle de Dieu), nous sommes induits en erreur, trompés, et étant dans l'erreur de perception, et ne percevant pas ce qu'il conviendrait de percevoir, il ne faut pas s'attendre à ce qu'il en résulte en finalité quelque chose de bon, quelque chose d'heureux.

A noter que tant que le "mal" réel n'est pas "vu", n'est pas perçu et tant que l'on est pas libéré de ses désirs égoïstes par l'Entourage qui n'est en fait rien d'autre que l’Assistance de Dieu, on est bien trop affairé à les satisfaire pour qu'une d'action bonne, heureuse, pour ne pas dire apocalyptique, puisse voir le jour.

    "Heureux celui qui lit et ceux qui entendent les paroles de cette prophétie" (Apocalypse 1:3)
 

Pour illustrer ceci, on complétera avantageusement cette histoire d'Attar avec le film historique "La Liste de Schindler " (W) réalisé par Steven Spielberg qui met en avant une vie, celle d'Oskar Schindler (W), celle d'un nazi qui s'est donné en exemple car rare, très rare, excessivement rare est celui à qui l'on donne de voir "le mal", d'apercevoir "le mal" là où il est et qui, débarrassé des désirs qui l'aveuglait, s'abstient de le faire.

Il est un fait que la plupart des hommes ne réfléchissent pas et suivent les ordres qu'ils reçoivent ou les vents qu'ils perçoivent sans même se soucier de savoir d'où ils viennent ni même quelle est la moralité et les intentions de celui qui les donne à exécuter. Mais

    "Ceux qui aiment marcher en rangs sur une musique : ce ne peut être que par erreur qu'ils ont reçu un cerveau, une moelle épinière leur suffirait amplement." (Albert Einstein)
 

Si l'on se demande quels crimes les Juifs ont-ils commis pour être sacrifiés, il faut aussi se demander quel crime Jésus, "roi des juifs" (Matthieu 2:2), a-t-il commis pour être sacrifié. La réponse est bien évidemment "aucun" car leurs accusateurs ne pouvait que détester "la lumière" qu’ils représentaient et qui était en eux.

Ils ont été sacrifiés pour que le monde ait sous les yeux la vision du "mal" qui est en l'homme car c'est justement le fait de le voir, le fait d'en prendre conscience qui permet de s'en libérer, qui permet à l'homme qui en souffre de devenir "meilleur", de s'élever au-dessus des masses ignorantes et inconscientes.

Ce n'est pas sans raison si la première Stance de la Loi s'achève avec la vision de "la douleur". Si elle n'est pas éprouvée, si nous ne l’éprouvons pas, c'est uniquement parce que "le mal" n'est pas perçu, pas encore perçu. Un esprit sain ne prend pas plaisir à voir "le mal" et cependant il est un fait que ceux qui refusent de voir "le mal" où qu'il soit comme ceux qui méprisent le devoir de mémoire sont totalement inconscients du mal qui, tapis au fond d'eux-mêmes, attend des occasions favorables pour se manifester, pour réapparaître au grand jour. Comment l'homme qui refuse de voir "le mal" qui est en lui pourrait-il s'en libérer ?

Le mal...

   

" C'est un aspect dont l'esprit des hommes se détourne volontiers, comme l'autruche cachant sa tête, afin que, ne voyant pas, il échappe, s'il se peut, à la vue du Terrible. La faiblesse du cœur humain ne désire que des vérités agréables et réconfortantes, ou, à défaut, des fables aimables ; elle ne veut pas de la vérité intégrale où tant de choses ne sont ni claires ni plaisantes ni confortables, mais dures à comprendre et plus dures à supporter." (Shrî Aurobindo - commentaire Bhagavad-Gîtâ P206, chap. 11)

 

Et cependant,

    " La douleur est la clef qui ouvre les portes [de la ville] ; c’est le grand chemin qui mène à la cité de la béatitude." (Shrî Aurobindo P&A 501)
 

C'est Elle que l'Apocalypse représente et met en avant....

Ce n'est pas sans raison, si le terrible "mal" s'expose dans la Bhagavad-Gîtâ au chapitre 11, comme il s'expose sous une autre forme dans les Évangiles, comme dans toute la Bible, comme dans toutes les Écritures. Tant qu'on ne l'a pas "vu", tant qu'il ne s'est pas exposé au grand jour, on ne saurait passer d'un état de conscience à l'autre.

Il est assurément difficile de voir "le mal" car cela exige beaucoup de simplicité, d'humilité et d’honnêteté et c'est pourquoi il est dans la traditions des pays d'embellir leur histoire comme les hommes et les religions embellissent la leur et voici que

   

" vous ne pouvez plus vous reconnaître tellement vous être beaux" (Léo Ferré)

 

Comme l'a remarqué Christine Letellier dans son livre "Léo Ferre l'Unique et sa solitude",

   

" Léo Ferré dénonce ce contentement excessif de soi qui se traduit par la contemplation satisfaite de son image. Dans Il n'y a plus rien, les miroirs ne peuvent qu'être menteurs, ou plutôt c'est le sujet qui fait « mentir les miroirs » lorsque ceux-ci ne reflètent que l'enveloppe extérieure [arrangée, embellie] et non pas l'être véritable.

«Vous vous regardez et vous ne pouvez même plus vous reconnaître tellement vous êtes beaux »,

Léo Ferré ne cesse de traquer le contentement de soi qui est toujours selon lui excessif. L'être qui regarde lucidement le monde autour de lui n'y trouve guère de raison d'être satisfait."

 

Quand on ouvre les yeux sur le monde actuel, sur cette magnifique planète avec toute la richesse et toute la diversité de sa vie que l'on sacrifie sur l'autel du profit pour ne pas dire des profiteurs,

   

" L'être qui regarde lucidement le monde autour de lui n'y trouve guère de raison d'être satisfait."

  Regarder "lucidement", c'est regarder avec la lumière (lucie). Ce n'est pas donné à ceux qui font "le mal". L'actualité ne manque pas d'exemple.
   

163. Ô hommes ! nourrissez-vous de tous les fruits licites et délicieux. Ne marchez point sur les traces de Satan, car il est votre ennemi déclaré.

164. Il vous ordonne le mal et les infamies, il vous apprend à dire de Dieu ce que vous ne savez pas.

165. Lorsqu'on leur dit : Suivez la loi que Dieu vous a envoyée, ils répondent : Nous suivons les habitudes de nos pères. Comment suivront-ils leurs pères qui n'entendaient rien et qui n'étaient point dans la droite voie ? "

166. Sourds, muets, aveugles, ils ne comprennent rien." (Coran 2 : 163 - 166)

 

Celui qui regarde le monde lucidement finit par tout naturellement s'en détacher, il s'en tient à l'écart (= apo) car il ne trouve plus de plaisir à suivre les influences et les ordres d'un monde qui l’enchaînaient. Il devient libre, enfin libre d'agir comme il convient, capable d'action "meilleure", d'action intelligente. Aussi difficile que cela soit, c'est seulement en acceptant de voir les choses telles qu'elles sont et non pas telles que l'on voudraient qu'elles soient que l'on devient capable d'action juste.

Tout s'illustre dans la Création comme dans le film historique "La Liste de Schindler " où l'on observera également que la première préoccupation de l'acteur principal est d'accumuler des richesses. Selon où l'on se place, selon le niveau de conscience avec lequel on voit les choses, on peut dire que la seule préoccupation d'accumuler des richesses est une activité purement égoïste, une activité condamnable. Et en effet elle l'est si le fait d'accumuler les richesse constitue une fin en soi. Mais cette activité s'inscrit aussi dans le cheminement intérieur des justes, de ceux qui voient justes, à condition qu'ils dépensent ensuite ces richesses, qu'ils utilisent ensuite ses richesses convenablement --- voir l'histoire du jeune homme riche (Ev. selon saint Matthieu 19:16) --- car

   

"C'est le devoir de chaque homme de rendre au monde au moins autant qu'il en a reçu." (Albert Einstein)

 

Prendre des forces, acquérir un savoir, des connaissances, des compétences c'est aussi accumuler des richesses qui devront être dépensées, bien utilisées par la suite. Il ne sert à rien d'apprendre à écrire ou à parler si c'est pour en faire un mauvais usage.

   

"O croyants ! un grand nombre de docteurs et de moines consument les biens des autres pour des choses vaines, et détournent les hommes du sentier de Dieu. Annonce un châtiment douloureux à ceux qui amassent l'or et l'argent, et ne le dépensent point dans le sentier de Dieu." (Coran 9:34)

"Ceux qui dépensent leur avoir dans le désir de plaire à Dieu, et pour l'affermissement de leurs âmes, ressemblent à un jardin planté sur un coteau arrosé par une pluie abondante, et dont les fruits ont été portés au double. Si une pluie n'y tombe pas, ce sera la rosée. Dieu voit ce que vous faites." (Coran 267)

 

Il ne voit même que Cela en définitive. Celui qui cherche à plaire à Dieu ne tombe pas dans le narcissisme, ne cherche pas non à plaire aux autres pour recevoir leurs approbations mais il fait ce qui doit être fait car en s'étant libéré de la vision du monde, il est ce qu'il doit être.

   

« Chercher à plaire aux hommes par des discours étudiés et un extérieur composé est rarement signe de plénitude humaine. » (Confucius 1:3)

 

D'une façon générale on se perd, on perd sa vie, on tombe dans la perdition en voulant plaire aux autres. Et ceux qui peuvent le faire sans se perdre sont les exceptions qui confirment la règle. Oskar Schindler en faisait partie.

Celui qui cherche à plaire à Dieu connaît la valeur inestimable de la vie et non seulement il la respecte mais de plus il la rachète (pour utiliser la terminologie biblique) en lui redonnant toute sa valeur, toute sa place, en l'élevant au-dessus de toute autre considération, au-dessus de tout.

Nous sommes dans un monde où seul l'enrichissement compte, où la vie n'a guère de valeur... si on pouvait voir "le mal" avant qu'il ne nous détruise... Si l'on pouvait dépenser convenablement toutes les richesse accumulées.... si l'on pouvait utiliser convenablement tout le savoir accumulé...

    " Si l'humanité veut survivre, une manière radicalement nouvelle d'être et de penser est nécessaire." (Albert Einstein)
 

Rassurons-nous, survivre n'est pas une obligation. C'est un devoir sacré qu'il vaut mieux ne pas négliger.

Plaire à Dieu est plus qu'une nécessité, c'est un devoir sacré et c'est bien autre chose que de plaire à son "petit ego", c'est bien autre chose que d'être satisfait de soi-même, que de rechercher l'approbation de ceux qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez et qui sont incapables de mesurer les conséquences de leur actes.

Comme on peut également l'entrevoir au travers de la liste de Schindler, pour faire ce qui est agréable aux yeux de Dieu, il n'est pas nécessaire de croire en Dieu (au sens où le monde l'entend), pas nécessaire de penser à Dieu (au sens où le monde l’entend), pas nécessaire de se livrer à toutes sortes de pratiques dites spirituelles ou religieuses. Si rien ne s'y oppose, ce n'est pas nécessaire car il suffit de s'efforcer d'agir avec sa conscience, aussi rare que cela soit car Dieu est Toute-Conscience en soi, donc

   

"Ne fais jamais rien contre ta conscience, même si l’État te le demande." (Albert Einstein)

 

Celui qui fait contre sa conscience -- à ne pas confondre avec la morale et les valeurs du monde, du plus grand nombre -- agit contre Dieu et celui qui agit contre Dieu, agit en finalité contre la vie, contre sa propre vie. Celui qui méprise la vie, c'est sa vie qu'il méprise en définitive. Or il est du devoir de tout homme de la préserver car c'est en préservant sa vie qu'il préservera aussi son humanité.

   

« Celui qui sauve une vie sauve l'humanité tout entière » (Michna, Sanhédrin 4:5 W)

 

Et par la vertu du "gentilhomme" , "la vertu d'humanité" (Confucius 8:7), il sauve en fait sa vie, son humanité.

   

" L'idéal moral prôné par Confucius est celui de l'homme de bien [et cet homme] pratique la vertu parfaite, ou du moins tend vers elle, jusqu'au sacrifice de la vie s'il le faut. Cette vertu parfaite est souvent appelée vertu d'humanité" (Universalis - Pierre Marsone W & W)

 

Il est du devoir de tout homme de la sauver, de sauver ce qui lui reste d'humain, de sauver, par la pratique, ce qui lui reste de "l'homme véritable", de "l'homme honorable" qui est en lui en le laissant s'exprimer. Car "le meilleur" est en tout homme sans exception mais étouffé, étranglé. Pourtant la vie que l'on préserve, la vie que l'on aide à s’épanouir, la vie que l'on élève, c'est en réalité la sienne avec et sans majuscule. (voir Évangile selon saint Matthieu chap 25 versets 31 et suivants).

Si l'on pouvait voir "le mal" avant qu'il ne soit trop tard, avant qu'il ne nous détruise tout changerait très vite mais

   

"Dans leur manque de bon sens, les sots vont leur chemin comme s'ils avaient eux-mêmes pour ennemi. Ils commettent la mauvaise action au fruit amer." (Stances de la Loi 66)

 

Dès à présent, soyons convaincus que Dieu n'accorde aucune importance aux pratiques dites religieuses ou spirituelles à partir du moment où elles exhalent l'orgueil, le sentiment de supériorité, la haine et le mépris des autres mais aussi l’indifférence du silence complice car

   

" Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent sans rien faire." (Albert Einstein)

 

Faire, c'est agir avec Intelligence, avec beaucoup d'Intelligence, sans violence et même avec "ruse" comme l'illustre Oskar Schindler W qui s'est donné en exemple. Faire ainsi est d'une efficacité redoutable. Aussi nécessaire qu'elle puisse être à l'occasion, l'action violente n'est pas la plus efficace car la violence appelle la violence et comme on peut le voir dans le monde, la violence est souvent durement réprimée.

Au mois de mars 2020 -- au cas où cela vienne à être corrigé --- , on peut lire dans la biographie d'Oskar Schindler' publiée sur Wikipédia (W) qu'il est étiqueté comme "catholique non pratiquant". Comment peut-on dire cela ? Qu'ont fait les pratiquants ? Qu'elles étaient leurs bonnes œuvres ?

    " 14 Que sert-il à quelqu'un, mes frères, de dire qu'il a de la foi, s'il n'a pas d'œuvres ? La foi peut-elle le sauver ? 15 Si un frère ou une sœur se trouvent nus et manquent de la nourriture quotidienne, 16 et qu'un de vous leur dise : « Allez en paix, réchauffez-vous et rassasiez-vous », mais sans leur donner ce qui est nécessaire au corps, à quoi cela sert-il ? 17 Ainsi en va-t-il de la foi : si elle n'a pas d'œuvres, elle est bel et bien morte. 18 Mais, dira quelqu'un : « Toi, tu as de la foi, et moi, j'ai des œuvres!... Montre-la-moi, ta foi sans les œuvres; et moi, je te montrerai ma foi par mes œuvres. » 19 Tu crois, toi, qu'il n'y a qu'un Dieu. Tu fais bien. Les démons aussi le croient et... ils frémissent. 20 Veux-tu savoir, tête creuse, que la foi sans les œuvres est stérile ?" (Bible - Épître (catholique) de Jacques 2:14)
 

Le catholique pratiquant, ce n'est pas celui qui se croit, celui qui dit : " Je suis dans la vérité", celui qui ne pense finalement qu'à lui, qu'à son salut égoïste mais celui qui l'est, celui qui a des œuvres, celui qui a le sens pratique. Tout s'améliorerait très vite dans le monde si les hommes s'efforçaient d'être ce qu'il ont la prétention d'être, au lieu de se mentir, au lieu de s’auréoler abusivement et injustement de belles étiquettes. Mais sans "la lumière" qui éclaire "le mal", comment en prendre conscience, connaissance ? Ici la lecture de l’Évangile selon saint Matthieu, chapitre 25, versets 31 et suivants est vivement recommandée. Il n'est jamais trop tard pour pratiquer avec intelligence ce que les Ecritures illustrent et donnent en exemple.

En tous cas, il est des hommes qui ne pensent apparemment jamais à Dieu ni aux choses spirituelles et qui sont de véritables catholiques pratiquants et des catholiques pratiquants qui ne le sont qu'en apparence, tout comme l'a remarqué shrî Râmakrishna, des yogins pratiquants, qui le sont vraiment et d'autres qui ne le sont qu'en apparence.

    " Il y a deux espèces de yogins : ceux qui se cachent et ceux qui se montrent. Les premiers exécutent en secret leurs pratiques religieuses et fuient les regards du monde. Les autres portent les signes extérieurs du yogin, un rameau de bambou par exemple et parlent librement de sujets spirituels." (330)